Les Bleus poursuivent leur parcours en éliminatoires de l'Euro 2008 mercredi soir, au Parc des Princes, contre l'Ecosse (21h00). Surprenante 2e du groupe B, la formation d'Alex Mc Leish avait déjà cueilli à froid les Français au match aller (1-0). Cette fois-ci, Makelele et consorts veulent confirmer leur nul à San Siro par une victoire qui peut s'avérer capitale. La preuve par deux.
Réussir pour y voir plus clairIl
le dit, le répète, le reformule, donc, il va falloir le croire. Ce match de mercredi contre l'Ecosse, au Parc des Princes, Raymond Domenech en fait volontiers le rendez-vous décisif de ces éliminatoires. « Le 0-0 en Italie ne sera un bon résultat que si nous battons l'Ecosse mercredi », 1er avertissement ; « Je le dis depuis longtemps, le match le plus important est celui contre l'Ecosse. Si nous ne les battons pas, notre résultat en Italie aura été mauvais », 2e avertissement ; « Ce sera le match contre l'Ecosse qui fera la différence », 3e confirmation. Mieux, dimanche dernier, le sélectionneur surenchérissait, qualifiant le plus sérieusement du monde l'Ecosse de favori du groupe B. Les principaux intéressés auraient pu se sentir flattés, mais non, ils n'ont pas du tout goûté à cette distinction : « J'ai entendu beaucoup de choses de la part du camp français, mais dire que nous sommes les favoris du groupe est juste ridicule. Dans une poule qui comporte la France, l'Italie et l'Ukraine, comment pouvons-nous être favoris ? », rétorquait le milieu mancunien Darren Fletcher. Gros poisson, à défaut de favorite, l'équipe d'Ecosse débarque « sans pression » au Parc des Princes, son succès d'octobre 2006 (1-0) encore en tête. Un nul lui suffirait amplement. Pour les Bleus, en revanche, c'est la victoire ou rien. La victoire pour y voir plus clair, et pour transformer ses prochains rendez-vous (Lituanie, Féroé, Ukraine) en simples formalités.
Réussir sans Henry... mais avec Anelka
La victoire, aussi, pour démontrer que l'équipe de France peut réussir sans son option offensive n°1, Thierry Henry , suspendu. « La clé de voûte de l'organisation », selon le sélectionneur, « avec ... Nicolas Anelka ». L'avant-centre de Bolton avait habilement su tirer parti de la blessure du Barcelonais pour conquérir une place de titulaire chez les A. Onze mois après son retour en sélection, la question ne se discute plus : l'enfant de Trappes débutera bien mercredi soir, sauf surprise, sur la pelouse du Parc des Princes où il est né, un certain 20 septembre 1996 (son 1er but en pro). A ses côtés, peut-être Trezeguet, peut-être Benzema, peut-être personne, si Raymond Domenech opte pour le 4-2-3-1 avec Govou ou Nasri. C'est donc en pointe, et en animation de jeu que se situent les principales clés de la rencontre : à l'arrière en effet, plus personne ne passe depuis près de sept mois et cinq matches. L'Argentin Javier Saviola, en amical, fût le dernier à percer le rideau français. « Il nous faudra être à notre meilleur niveau défensif, extrêmement concentrés », a pourtant prévenu le sélectionneur. Et pour cause : en face, la meilleure attaque de la compétition (16 buts), Kevin Boyd et James Mc Fadden en tête, ne se posera aucune question. Efficaces, inattendus, les jeunes Ecossais n'ont eu de cesse, toute la semaine, de souligner « l'arrogance française » à longueur de points presse. Les Bleus se sont abstenus de répliquer par micros interposés. Mercredi, face caméra, ce sera une toute autre histoire.